La baraka

Place de l’Indépendance à Montevideo, l’hôtel des musiciens est à 200 mètres de la salle

Le concert de l’OPL est en couverture du journal musical national

Très belle salle à l’italienne, le Teatro Solis de Montevideo est le plus ancien d’Amérique latine (1856)
Nul n’imaginait qu’une tournée en Amérique du sud serait une partie de plaisir, même si tout avait été minutieusement préparé à l’avance. L’incendie de Sao Paulo pour commencer, un changement de dernière minute d’hôtel à Rio (l’incident peut sembler mineur, mais quel stress - bien inutile - pour l’organisation), et après un voyage sans encombre Rio/Montevideo, une autre “bonne nouvelle” ce vendredi matin: le camion transportant les instruments est bloqué en Argentine. Et nul ne peut dire à quelle heure il arrivera à Montevideo…ni même s’il arrivera dans la journée. J’apprendrai beaucoup plus tard dans la soirée, de la bouche d’un diplomate, qu’un seul pont sur le Rio de la Plata, entre l’Argentine et l’Uruguay, est autorisé aux poids lourds… et qu’un accident s’est produit au milieu du pont, créant un gigantesque bouchon. Dans ce genre de circonstance, bien malin qui aurait pu prédire quand le trafic reprendrait…

A 18 heures, heure prévue pour une répétition, sous le regard perplexe de Pascal Rophé et Malik Vrancken, il faut annoncer aux musiciens que, peut-être, sans doute, probablement, le fameux camion - dont on sait alors qu’il est bien en Uruguay - devrait arriver vers 19h. Or le début du concert est prévu à 19h30. Donc pas de répétition possible. Tout le monde accepte de se jeter à l’eau (c’est le cas de le dire avec La Mer de Debussy au programme !!). L’équipe technique fait des prodiges pour sortir les instruments et monter la scène en un temps record. Le concert commencera avec 1 heure de retard seulement. Les plus anciens se rappellent qu’en 1998, à Sao Paulo, un incident du même genre était survenu, et que le concert avait débuté avec plus de deux heures de retard…
Mais il sera dit que l’OPL a la baraka…

Notre chère Susan Graham a failli renoncer à chanter.. non pas à cause du retard, mais parce que sa voix lui joue de mauvais tours. Le professionnalisme et le talent ont pris le dessus, et personne ne s’est aperçu que ses Nuits d’été étaient un peu en retrait de ce qu’elle nous avait offert à Sao Paulo. Il était cependant exclu qu’elle chante la séguédille de Carmen en bis.

Vraiment peu de place pour se mouvoir dans des coulisses envahies par les décors du Trouvère à l’affiche du Teatro Solis

Un public très dense, pas une place de libre, une moyenne d’âge plutôt élevée, mais un accueil extrêmement chaleureux pour l’OPL et Pascal Rophé, et un programme que tous s’accordaient à trouver beaucoup trop rare dans ces contrées (outre La Mer et Les nuits d’été, le Chasseur maudit de Franck).
P.S. Pardon pour cette mise en ligne très tardive de ce “billet”, mais le site blog.com a été inaccessible une bonne partie de ce samedi.
Mon Dieu,on a intérêt à rester très calme dans ces situations de stress extrême tant pour l’organisation que pour les musiciens qui n’ont pas l’occasion de se “mettre en doigt ou en bouche” et plonger dans le chasseur maudit à froid,c’est bon pour les tendinites!
J’espère que tout le monde va bien dans ces condtions!
Je vous embrasse tous
Martine